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Carnet d’atelier : Impression Japon — Éloge du fugace

  • Photo du rédacteur: Christie Eyraud
    Christie Eyraud
  • il y a 5 jours
  • 2 min de lecture

Un jour, une amie est entrée à l’atelier avec un petit livre sous le bras et un sourire en coin. Elle savait…


Elle savait sans doute qu’il y avait, quelque part dans ces pages, quelque chose qui allait immédiatement m’atteindre. Quelque chose qui parlerait la même langue silencieuse que celle que je cherche parfois dans l’émail, dans la couleur, dans les surfaces imparfaites et lumineuses.


Ce livre était consacré au travail de Reiji Hiramatsu.


Et il y eut un arrêt.

Une suspension.


Détails d’œuvres de Reiji Hiramatsu, source d’inspiration de la collection Impression Japon.


Ses nymphéas n’étaient pas seulement des fleurs. Ils semblaient flotter hors du temps, entre l’eau et le ciel, entre le vide et la matière. Des paysages fragmentaires faits de lumière, d’or, de bleu profond, de rouges vibrants et de silences immenses.


J’ai été fascinée par cette manière de faire respirer l’espace. Par cette délicatesse du presque rien. Par cette sensation étrange que tout pouvait disparaître d’un instant à l’autre — et que c’était précisément cela qui rendait l’ensemble si bouleversant.


C’est là qu’est née Impression Japon.


Non pas comme une collection sur le Japon. Mais comme une tentative de saisir quelque chose de fugace : un reflet, une brume, une pluie d’été, une lumière sur l’eau, un souvenir qui ne tient qu’à un fil.





Peu à peu, des formes sont apparues sur papier. Des esquisses aquarellées. Des masses colorées très simples. Des nuages. Des fragments de paysages miniatures.


Puis le cuivre est venu. Le feu. L’émail.


Et ces impressions fragiles sont devenues bijoux.



À partir de là, les formes ont commencé à circuler d’un support à l’autre.


Du papier au cuivre.


Du pinceau au feu.



Puis les pièces ont commencé à dialoguer entre elles. Certaines gardaient la douceur poudrée des estampes. D’autres devenaient plus brutes, plus minérales, presque nocturnes.


Le feu transformait chaque nuance.

Le rouge se densifiait.

Le bleu devenait profondeur.


Et les motifs, eux, continuaient de flotter comme des souvenirs d’eau et de lumière.



Parce qu’au fond, Impression Japon parle peut-être simplement de cela… De paysages qui flottent quelques secondes dans la mémoire.

D’images presque silencieuses. De couleurs qui apparaissent puis s’effacent.


D’un reflet sur l’eau.


D’un nuage de pétales.


D’une lumière aperçue juste avant qu’elle ne disparaisse…


 
 
 

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