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Épisode 3 — « L'émail est très fragile. »

  • 30 juil.
  • 1 min de lecture


C'est probablement l'une des questions que l'on me pose le plus souvent lorsque quelqu'un prend un bijou en main.

« C'est joli… mais ce n'est pas trop fragile ? »

La réponse surprend souvent.

Oui…

Et non.

Oui, parce que l'émail est du verre.

Comme tout verre, il n'apprécie ni les chocs violents, ni les chutes sur un sol dur.

Mais cela ne signifie pas qu'il soit fragile au quotidien.

Un bijou émaillé correctement réalisé est conçu pour être porté.

Derrière sa finesse se cache tout un équilibre technique.

L'une des étapes les plus importantes est le contre-émaillage.



Autrement dit, le fait d'émailler également le dos de la pièce.

Pourquoi ?

Parce que lors des cuissons, le métal et le verre se dilatent puis se contractent.

Si une seule face est émaillée, des tensions apparaissent.

À terme, elles peuvent provoquer des déformations, voire des fissures.

Le contre-émaillage permet de répartir ces contraintes et de stabiliser la pièce.



C'est un travail que l'on ne voit presque jamais.

Pourtant, il participe directement à la qualité et à la longévité du bijou.

Comme souvent en artisanat, ce qui est invisible est parfois aussi important que ce qui attire le regard.

Alors non…

Un bijou émaillé n'est pas un objet à manipuler sans précaution.

Mais il n'est pas non plus ce trésor fragile que l'on devrait enfermer dans une vitrine.

Il est fait pour vivre.



Être porté.

Vous accompagner.

À condition, bien sûr, de lui offrir les mêmes attentions que l'on accorderait à tout objet précieux.

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