Épisode 6 — « Les défauts viennent forcément d'une erreur. »
- il y a 6 jours
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Il y a une remarque qui revient parfois lorsque je présente certaines de mes créations.
— « Oh… il y a une petite imperfection ici ? »
Je comprends cette réaction.
Nous sommes habitués aux objets industriels, parfaitement identiques, parfaitement lisses.
En émaillage, les choses sont un peu plus nuancées.
Il faut d'abord distinguer le véritable défaut technique de l'effet recherché.

Une fissure provoquée par un mauvais équilibre entre le métal et l'émail.
Une pièce qui se déforme.
Un éclat dû à une mauvaise compatibilité entre deux émaux.
Ce sont des défauts.
Ils ne sont pas souhaitables et l'expérience permet justement d'apprendre à les éviter.
Mais il existe aussi des textures.

Des voiles.
Des craquelures.
Des profondeurs.
Des réactions entre certains oxydes métalliques.
Ces effets ne sont pas nécessairement des erreurs.
Ils peuvent être parfaitement maîtrisés.
Les émailleurs qui connaissent intimement leurs matériaux, leurs températures de cuisson et le comportement de leurs émaux sont capables d'obtenir des résultats remarquablement réguliers, parfois reproductibles avec une très grande fidélité.

L'expérience réduit considérablement la part d'incertitude.
Pour ma part, j'ai fait un autre choix.

J'aime travailler avec des superpositions, des textures et des réactions du feu qui laissent une place à la matière.
Je ne cherche pas toujours à reproduire exactement la même surface.
J'accepte que certaines nuances évoluent.
Que certaines textures apparaissent.
Que le feu participe lui aussi à la création.
Ce n'est pas un manque de maîtrise.
C'est une intention.
Une manière de laisser chaque pièce trouver sa propre personnalité.
Ainsi, ce que certains pourraient appeler une imperfection devient parfois, dans mon travail, la signature d'une création unique.

L'émail n'est pas seulement une technique.
C'est aussi un dialogue entre le geste, la matière… et le feu.





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